Archive for the ‘Design: mode vestimentaire’ Category

Qui veut un « sweater » à la mode? Voici un vêtement de la marque Shelfies représentant des motifs de nuages multicolors que je trouve particulièrement réussi:

via LeCahier

LeCahier présente Shelfies comme « une boutique 100% ludique ». Personnellement, ça  me rappelle la photo Wikipédia du très cool Nick D’Aloisio, qui portait un « sweater » au motif de Cherios:

via Wikipédia

Difficile d’être plus en accord avec la tendance actuelle! C’est « incroyable » (amazing), c’est rigolo, c’est confortable, c’est jeune, c’est coloré… On aime ça! J’ai le petit fantasme de voir une femme très sexy porter se chandail et rien d’autre en dessous, un peu à la manière des pub (sexistes?) d’Americain Apparel:

via trendsupdates

Pour critiquer ce produit, je vais simplement dire que la marque ne s’est pas réellement affichée avec des mannequins sur son site Web et ainsi, elle n’a pas démontrée la qualité de la coupe de ces vêtements ni dans quel style de vie on l’inscrit.

Les chandails sont très jolis, mais ils ne sont pas connotés par un symbole ou un logo, ce qui aurait permi de reconnaître la marque dans le monde. Un joli petit logo tout mignon comme le crocrodile de Lacoste aurait pu ajouter au charme de ce vêtement très urbain:

via Wikipédia

Aussi, j’aurais aimé voir des gens interagir entre eux avec ce chandail: à la plage, à la ville, en forêt… Ça aurait permi de remarquer les regards que les gens porteraient sur ces looks. À ce sujet, j’ai déjà critiqué favorablement la campagne de pub toute en nuance de KC Prod, dans le billet « KC Prod vend sa marque de vêtements aux jeunes »:

Le Québécois KC Prod, populaire youtuber, met en vente demanière authentique des vêtements de sa marque personnelleRare Vision. L’intérêt de sa démarche est qu’il saisi intuitivement l’influence de l’esthétique Web sur les consommateurs comme le montre son Tumblr, une source deswag inestimable. Il explique ici sa vision, de quoi inspirer tout jeune entrepreneur:

Rare Vision clothing Day 1

Puis, il faut souligner que les amateurs d’éco-conception pourraient être ravis de savoir que les vêtements en polyester Shelfies peuvent être fait de plastique 100% recyclé. Ce serait un facteur de vente important que les spécialistes de la marque auraient avantage à souligner. D’ailleurs, la section FAQ du site ne mentionne pas la source de ces vêtements, autrement dit leur lieu de fabrication. Par exemple, tout le monde sait bien que les vêtements fabriqués au Bangladesh coûtent moins cher, mais leur prix vaut-il la peine si on prend conscience des conditions de travail dans ces pays? L’éco-conception, c’est le genre de paramètre que les jeunes amateurs de mode ont tendance à pointer du doigt de plus en plus. À propos, lisez:

Finalement, comme c’est le cas des produits à valeur identitaire, il aurait été pertinent de diviser le site en deux: vêtements pour femmes et vêtements pour hommes, même si on vend le même type de sweater dans les deux catégories. Cette division renforcerait le sentiment identitaire qu’apporte cette marque fort amusante. Pour en savoir plus:

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Quand on étudie le dossier d’Abercrombie & Fitch, on comprend que cette marque ne s’adresse pas aux personnes obèses pour une question d’orientation de marché. Il serait trop simple de penser : « ABERCROMBIE ne veut pas avoir l’air de vendre des vêtements aux gros, parce que les gros sont moins cools que les minces. »

‘Thin and beautiful customers only’: Business expert claims US retailer Abercrombie & Fitch doesn’t want larger people to buy its clothes :

US brand Abercrombie & Fitch, which doesn’t make its womenswear above large, has been accused of body elitism with claims that it is purposefully excluding plus size customers from wearing its clothes.

The ‘lifestyle concept’ shop, which has shirtless male models in its shop entrances, has previously said that it wants ‘to market to cool, good-looking people.’

The approach is allegedly down to the retailer’s CEO Mike Jeffries, who « doesn’t want larger people shopping in his store, he wants thin and beautiful people, » according to business expert Robin Lewis, co-author ofThe New Rules of Retail.

Personnellement, je n’y vois aucun problème. La question qui soulève l’émois sur les réseaux sociaux, c’est plus un problème de communication et relations publiques qu’un véritable problème de design ou d’orientation de marque. Une marque a parfaitement le droit de ne pas fabriquer de vêtements pour les hommes, pour les nains, pour les géants, pour les hommes-troncs, pour les gens qui souffrent d’acné chrnonique, pour les athlètes, pour les amateurs de hockey, etc. Une marque a le droit de répondre seulement aux exigences de ses clients et il s’adonne que A & F a un public cible de gens très furieusement « à la mode ». On parle ici du genre de personne qui critique la mode comme d’autres critiques un parti politique. C’est ça une orientation « mode de vie » (lifestyle) bien ciblée.

Bref, ya rien là, comme on dit chez nous. Ça laisse la porte ouverte à ceux qui voudrait remplir le « gap », le manque de vêtements sexy et cools adressés aux obèses.

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Watches Off Mag présente des montres qui ont pour fond de cadran une illustration de moustache noire sur fond blanc:

En vente sur Alibaba.com

Cet objet ludique est tout à fait en cohérence avec les tendances en design du moment pour des accessoires de mode qui sont très graphiques comme on dit, c’est-à-dire qu’ils expriment très directement une icône, ici : la moustache.

La moustache y est ici présenté comme faisant parti de l’esthétique authentique de « l’Anglais » et de son mode de vie dépassé. Le symbole est sympathique, de quoi faire sourire. L’effet graphique aurait été nettement plus intense si on aurait utilisé des couleurs fluo en contrastes, par exemple, rose et vert fluot.

Disons que ce style est à des années lumières de la montre de luxe que j’avais décrite dans « Design de la montre Piaget Altiplano Skeleton 1200S en animation 3D ».

Il semble que l’Internet soir un milieu fertile pour la création d’objets en petite série d’apparence rigolote. J’en faisais mention dans le billet « L’esthétique Web est en train de révolutionner le marketing de masse et le design »:

Qu’est-ce que l’esthétique Web? C’est ce qui passe bien sur Internet. L’esthétique Web, c’est cet intérêt marqué, depuis quelques années, pour:

L’impact de l’imagerie Web sur le design est indéniable, il suffit de consulter les magasines et de suivre les modes vestimentaires pour s’en appercevoir.

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Peut-on imaginer la fin du soutien-gorge tel que nous le connaissons suite à la nouvelle publiée sur France Info, à savoir que « Les seins se porteraient mieux sans soutien-gorge » ?

Les seins ne tombent pas plus quand les femmes ne portent pas de soutien-gorge… bien au contraire. C’est l’un des résultats préliminaires d’une expérience menée pendant une quinzaine d’années au CHU de Besançon par le professeur Jean-Denis Rouillon.

« Nos premiers résultats valident l’hypothèse que le soutien-gorge est un faux besoin. Médicalement, physiologiquement, anatomiquement, le sein ne tire pas bénéfice d’être privé de la pesanteur. Au contraire, il s’étiole avec le soutien-gorge ».

Huffingtonpost.fr:

Toutefois, selon lui, ces premiers résultats « valident l’hypothèse que le soutien-gorge est un faux besoin ». « Médicalement, physiologiquement, anatomiquement, le sein ne tire pas bénéfice d’être privé de la pesanteur », explique le professeur.

En attendant la fin de son rapport de recherche, l’étude du professeur Jean-Denis Rouillon, au CHU de Besançon, reste une donnée à tenir en compte auprès des fabricants de soutien-gorge.

Peut-on imaginer une fin subite de l’utilisation du soutien-gorge après cette étude? Je ne pense pas. L’expérience du bas-collant révèle que les dessous féminins sont aussi attachés à une esthétique de l’érotisme et au luxe. Quel mâle américain hétérosexuel moyen n’a pas déjà rêvé des lingeries du défilé populaire de Victoria’s Secret? On ne peut pas effacer en 5 minutes des années de conditionnement à ces images érotisantes qui mettent en  valeur des femmes en soutien-gorge!

Cette mise en scène des seins (oui, vous avez bien lu), n’est pas sans atteindre émotionnellement celles qui portent le soutien-gorge. À les entendre se plaindre de ne pas avoir « des seins bonnet D », on comprend que l’imaginaire du soutien-gorge est fortement imprégné dans nos cervelles féminines et autant que masculines!

Un article de Puretrend éclairant indique la qualité de « baromètre d’érotisme » du soutien-gorge:

Baromètre d’érotisme depuis un siècle, le soutien-gorge s’est métamorphosé de décennie en décennie, s’adaptant aux moeurs de différentes époques. Du bandeau discret et androgyne, à la brassière vichy, en passant par le balconnet en dentelles, l’histoire du soutien-gorge reflète la mentalité de chaque époque et la place de la femme dans la vie sociale. Saga.

Cependant, compte tenu de la diversité et du morcellement des marchés actuels, on peut s’attendre à ce qu’une certaine partie de la population des femmes demande une alternative au soutien-gorge. Les femmes enceintes ont déjà longtemps fait mention de leurs besoins en ce qui concerne les vêtements d’allaitement adaptés à leur condition… On peut s’imaginer que certaines femmes « libérées » et consciencieuses oseront demander directement aux grandes marques de développer  « des vêtements de type féminin, sexy et santé ». On peut penser ici au soutien-gorge sportif qui ressemblent plus à des « tops » complets qu’à des soutien-gorges.

Ma conclusion: on peut s’attendre à une adaptation lente et progressive en réponse à cette étude, mais aussi à une certaine radicalisation propre aux meilleures années, si je puis parler ainsi, du féminisme qui brûlait le soutien-gorge dans la rue! On pourrait déjà s’intéresser à la question en s’adressant aux jeunes adolescente. Je parlais de leur influence dans ce billet « Tendance lourde, le consommateur idéal de 2010 est-il une ado de 14 ans ».

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C’est en entendant un designer de mode parler des supposées « tendances de l’heure » que je me suis dit qu’il y avait réellement un manque de méthodologie scientifique chez ces pseudos « tendanceurs ». Certes, on ne demandera pas à un artiste d’agir comme un scientifique. Le point ici, ce n’est pas de savoir si ces gens ont ou non du talent et du pif. Le point c’est de déterminer une méthode efficace qu’un entreprise puisse mettre en action si elle n’est pas garnie des meilleurs designers de mode pour mettre en marché des articles de mode et avoir du succès. Je respecte beaucoup le travail des artistes. Ceux qui lisent ce blogue savent que j’ai soutenu des designers :

J’ai même salué la publicitié Youtube de KC Prod.

Engager les meilleurs

À cette question, « Comment prédire les modes ? », des PDGs répondront tout simplement: « engagez les meilleurs ». Bon, au point de vue de la stratégie concurrentielle, ça peut être une bonne idée, en ce sens qu’on élimine les talents auprès de la compétition. Seulement, ça ne veut pas dire pour autant que ces artistes savent ce qui fera la tendance. Alors, avant de lancer votre argent dans le feu, demandez-vous plutôt la question du retour sur investissement d’engager des artistes qui n’ont pas de démarche scientifique!

Engager les plus savants

Les meilleurs designers de mode ont une connaissance pointue de l’histoire de leur industrie. Alors, certains chefs d’entreprises diront: « engagez ceux qui connaissent l’historique de notre industrie ». Boff… Ça ne veut pas dire que parce que vous connaissez une industrie que vous êtes capable d’avoir le pouls de ce que cherche le consommateur. Ce n’est pas parce qu’ils ont une maîtrise parfaite de la technique que ces designers sont capable de prédire les courants futurs. Ils pourront par contre vous nommer les limitations de leur industrie. Encore une fois, à ce niveau, il existe quelques perles capable de définir d’avance l’orientation des marchés, mais gageriez vous votre chemise sur eux?

Alors que faut-il faire?

Pour commencer, on peut demander les données statistiques sur les ventes des produits et des magazines de mode. Il est donc pertinent de s’entourer d’éditeurs de magazines de mode, comme on voit dans The Devil Wears Prada:

The Devil Wears Prada Official Trailer

You Think This Has Nothing to Do With You (The Devil Wears Prada)

Cela ne donnera que des résultats partiels. Ça permettra de remarquer quels sont les concurrents qui commencent à atteindre vos parts de marché. Ce que je vous recommande, la méthodologie qui fonctionne, c’est celle qui comprend une analyse approfondie des ventes combinée avec une analyse approfondie des influenceurs qui modifient la perception qu’on les consommateurs de ce qu’ils devraient acheter. Ça signifie qu’on commence par analyser ce qui se vend, pourquoi ça se vend, et comment amener le consommateur à acheter cela dans notre entreprise. Pour y arriver, il existe différentes méthodes. Je préconise particulièrement une analyse qualitative des images dans les magazines, pour un public cible, combinée avec une analyse quantitative des ventes de chacun des éléments présents sur l’image du magazine. D’autres techniques existent, mais elles demandent plus que « du pif ». Elles demandent de la vision à long terme… Ensuite, on analyse les médias qui font vendre, qui communiquent bien, qui donnent le goût d’acheter. Dans mon billet « Les influenceurs et ceux qui font les tendances en design : qui sont-ils et que veulent-ils » je racontais:

En bref, un influenceur est:

  • Quelqu’un qui peut prendre une idée, un produit, un concept et l’amener au grand public;

  • Quelqu’un que les gens suivent et qui a un impact sur les communautés.

Une méthodologie à suivre

Dans mon billet « Audace en mode et design après la fin du monde 2012 », j’ai écrit:

Dans une étude fameuse (Hemline index), on a constaté une corrélation entre l’économie et la hauteur des jupes.

Quand la longueur des jupes nous informe sur l’état de l’économie:

On appelle ça la « Hemline Theory » (la théorie de l’ourlet). « Elaborée par un obscur économiste américain dans les années 20, elle prétend que la prospérité se mesure à la longueur des jupes« , pouvait-on lire en 2009 sur le site Rue89. En clair : plus les jupes sont courtes, mieux va l’économie. La théorie ressort ces jours-ci, au lendemain de la New York Fashion Week, les défilés de mode new-yorkais pour l’hiver 2012, qui s’est terminée le 16 février. Les jupes ont raccourci, estime Business Insider cette semaine. Nous serions donc en phase de redémarrage pour l’économie américaine, d’ici à la rentrée prochaine ?

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