Archive for the ‘Design d’évènement, fête, salon d’exposition et foire commerciale’ Category

Cet été, surprenez vos clients en leur offrant du nouveau, une invention que vous devez tester. Planifiez de changer le visuel de votre boutique, calculez le nombre de rencontres d’affaires positives que vous faîtes, augmentez la qualité de vos produits et services… L’été, c’est un bon temps pour tester les consommateurs sans les frustrer. Il faut le dire, les gens ont l’esprit  la fête, et ils sont moins furieusement inquiets que lors du magasinage (shopping) du temps des Fêtes! Alors, si vous avez à tester une invention grand public, faîtes-le l’été! Si vous avez à donner des échantillons gratuits, faîtes-le l’été! Vous éviterez les visages froids et distants des gens qui viennent d’affronter le froid de l’hiver ou les ingratitudes de la météo. Vous ferez face à plus de gens à l’écoute, en raison d’un moral plus « hop la vie »! Bien entendu, cela ne s’applique pas à toutes les industries et à toutes inventions: il est difficile de vendre une pelle en été, c’est bien certain! Mais l’expérience terrain nous dit que l’humeur est plus positive quand les gens sont sous le soleil.

À propos, et pour vous permettre de vérifier que le moral est meilleur en été, remplissez ce calendrier à humeur tout-à-fait non scientifique et ludique:

via jonathan-menet

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Leia Display System (LDS) est un système qui permet de projeter des images sur un voile transparent (un hologramme) au travers du quel on peut passer. Excellente technologie pour les défilés de mode, elle rapelle le succès de certaines présentation en vitrine.

It’s called LDS (Leia Display System), and this Star Wars-inspired technology displays interactive images in mid air. You can literally walk through the image and touch / interact with it. According to the company, its patented laminar airflow system is currently the « most steady midair screen on the market. » Continue reading for two videos and more information.

Leia Display System XL

Our patented way to produce laminar airflow for very long distance from the output makes Leia Display the most steady midair screen on the market.

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Une jolie vidéo de Apple m’a donné envie de vous parler du rôle du design sur l’image de marque:

Apple – Designed By Apple – Intention

L’image de marque est ce que le consommateur voit, littéralement, au moment précis où il existe, dans le moment présent, ici et maintenant. Non pas il y a deux minutes: maintenant. Le consommateur très impliqué dans votre produit ou service a aussi un rôle positionné uen entre-deux, entre deux pôles.

Premier pôle: le consommateur-spectateur devenu consommateur-intervenant

La récente histoire du RockFest 2013 nous rappelle que le consommateur-spectateur est de plus en plus consommateur-intervenant: il intervient dans vos plates-bandes, il interagit avec vous sur les médias sociaux, il écrit à votre sujet…

Le consommateur-intervenant, c’est le fan, le groupie fini qui se tatoue votre marque sur l’avant-bras. C’est lui qui adore ce que vous faîtes, ce qui, il faut l’avouer, est très rare pour une marque commune, voire banale. La marque ordinaire n’a pas de fans. Elle a des clients. Ce type de consommateur n’a pas nécessairement d’argent à vous donner. Il peut être dit « évangéliste », c’est-à-dire qu’il peut faire de la promotion pour vous et parler de vous à ses proches, ses contacts.

Par exemple, je suis un fan fini de Salvador Dalì. Je rêve d’aller à son musée. J’ai lu beaucoup à son sujet. J’ai même écrit un court essai sur lui pour un cours d’arts plastiques. Tout le monde de ma famille proche sait que j’admire cet artiste. On me donne en cadeau des posters de ces oeuvres, des bouquins remplis d’images, etc. Pourtant, je n’ai jamais acheté moi-même quoi que ce soit de cet artiste: ni tableau, ni reproduction… rien. Comme consommateur-intervenant, j’ai partagé ma passion pour Dalì à mes nouveaux amis. J’ai fait connaître son oeuvre. J’ai imité son travail en dessinant de manière surréaliste. Chaque fois qu’on me présente une image de Dalì, c’est un stimulus qui me rappelle que je suis motivé à partager son travail.

Vous avez sans doute vous aussi de l’admiration pour un artiste. Vos proches le savent et vous encouragent dans votre passion…

Certaines marques, relativement peu, ont des consommateurs-intervenants à la tonne: Apple, Google, Starbucks, Facebook, Twitter… Ces marques sont aimées. Mais le fait d’être aimé ne garantie pas de revenu. Les revenus proviennent plutôt de la vente et la vente se fait bien souvent à Noël, dans le temps des Fêtes, ou à un anniversaire, ou à une occasion spéciale. Alors? Alors, il coûte un effort publicitaire pour maintenir l’intérêt sur cette marque jusqu’au moment clé de la vente. Voilà tout: il faut investir pour garder l’intérêt présent. Cet investissement peut être en temps, en effort de programmation, en prospection, en argent, etc.

Deuxième pôle: le consommateur-fabricant

Collectionneur, bricoleur, inventeur, le consommateur-fabricant agit comme contributeur à l’esprit de la marque. Il bâtit une image de marque parallèle à la marque officielle pour la faire coïncider avec son style de vie et son territoire (territoire mental ou spatial). Il décline des couleurs, il définit une palette de saveurs nouvelles, il participe à modifier la perception des gens, il mélange et fait des « remix ». Encore une fois, très peu de marques profitent de la force de ces consommateurs-fabricants. J’en compte quelques unes: World of WarCraft, les séries The Sims, les conférences TED, LEGO®. Ces marques sont des signes qu’on perçoit comme authentiques à l’extrême. Ils représentent une manière de faire les choses, un gage de qualité. Ce sont des plateformes ayant leurs propres règles.

Entre ces deux pôles : le consommateur-rêveur

Entre ces deux pôles se trouve une déclinaison subtile, en tons de gris, de milliers de types différents de consommateurs. Au centre se trouve le consommateur-rêveur, une personne qui sait utiliser l’univers de la marque pour se bâtir un imaginaire et exploiter cet imaginaire. Encore une fois, peu de marques me viennent en tête à ce sujet: Disney, Harry Potter, Star Wars. Le consommateur-rêveur veut une expérience totale. Il est probablement desservi par les gens du marketing qui préfèrent vendre, vendre, vendre. C’est ici qu’intervient le design avec le plus de force: le design permet de créer un imaginaire fort autour de la marque. On utilise le design comme moyen de débanaliser l’objet, de créer de la surprise, de l’étonnement, du plaisir.

Comment mieux se présenter?

Pour mieux se présenter, il faut offrir trois choses:

  1. Du contenu riche pour les fans;
  2. Une signature « design » qui frappe l’imaginaire;
  3. Des outils pour faciliter le feed-back positif, la collection et le bricolage.

À ce sujet, voyez l’excellente présentation « Weyland Industries », un site Web qui se rapport au film Prometheus, accompagné de vidéos « corporatives » totalement fictives pour une compagnie qui est issue de la fiction du film:

Happy Birthday David (Prometheus Viral) – YouTube

Cette présentation à une signature « design » forte et distinctive. C’est aussi un contenu riche offert aux fans. C’est enfin un monde interactif : jeux en ligne, énigmes à résoudre, images à s’approprier, etc.

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Le monde du design d’évènement (ou design d’expérience) vient de trouver un cas d’espèce. Lamusicographe, qui se dit designer d’expérience, a mis en ligne une liste de copies d’écran dévastatrice concernant l’organisation du festival Rockfest 2013. Bravo, bon texte!

Voici des extraits de On a perdu Alex Martel:

Rock fest, camp de concentration punk.

On y trouve des perles de critiques acides contre l’organisateur de l’évènement. Voici un exemple concernant Pennywise:

C’est incroyable! On peut y lire les commentaires de clients tellement insatisfaits que ça en devient presque drôle:

  • Des navettes absentes;
  • Des guichets sans personnel pour recevoir les premiers arrivés;
  • Des « stages » sans nommenclature, sans présentation;
  • Des « bands » oubliés, d’autres cancellés au dernier moment;
  • Des installations sanitaires (absentes?) dégoûtantes;
  • Un sol qui ressemble à un dépotoire;
  • Un sentiment généralisé de perte de contrôle, voir de danger;
  • Des communications inefficaces, voir improbables;
  • etc.

Les attentes n’ont pas été rencontrées:

via pokpok

Même un band invité, Mononc’ Serge, a manifesté son mécontentement publiquement sur scène:

Mononc’ Serge livre un poème contre le Rockfest:

L’organisateur derrière le Rockfest, Alex Martel, ne fait vraiment pas l’unanimité dans sa façon de gérer son festival. On a appris que plusieurs groupes devaient vendre des billets (pour un total de 5 000$) pour l’événement pour avoir «la chance» de jouer à ce festival gratuitement. On peut aussi apprendre dans l’excellent article du site La Musicographe comment Alex interagit avec ses festivaliers sur Facebook. Voici le poème de Mononc’ Serge sur Alex Martel et le Rockfest ouf:

Mononc’ Serge et son poème pour Alex Martel et le ROCKFEST 2013

via petitpetitgamin

Je n’ai rien d’autre à rajouter sinon que l’organisation du RockFest c’est à mille lieux du bon. C’est vaiment très loin du bon, même que c’est pas bon du tout…

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MAJ

Publicité négative entourant le Rockfest : réaction du maire de Montebello, Pierre Bertrand, avec Louis-Philippe Brulé:

– Montebello a-t-il l’air d’un dépotoire?

– Sur le site même du RockFest, oui… (mais pas dans la ville).

Ayoye…

Avouez que vous avez eu un jour ou l’autre possédé un objet de culte qui ne servait à absolument rien? Que ce soit une statuette, une amulette, un collier ou une bague, chacun d’entre nous avons un jour ou l’autre possédé une chose « magique ». Dans mon cours sur la sociologie de la consommation à l’Université Laval, on parlait de « fétichisme » de l’objet et d’objet « totem ». Permettez-moi d’adresser ce sujet des objets de culte de manière sérieuse sur ce blogue qui traite, soyons honnêtes, de toutes les formes d’objets imaginables qu’on puisse faire fabriquer par un designer.

Festival de la spiritualité

Je suis tombé sur un petit bijou à Radio X (oui, ça existe) sur le thème « Festival de la vie: Décode le prénom de Maurais Live ». On y parle de soins donnés par un monsieur qui rééquilibre les chakras en libérant les individus des codes qui sont logés dans leur ADN sous forme d’engramme toxiques. S’il y a un gars ouvert avec le paranormal c’est bien moi, mais ça, c’est de la haute voltige. Si seulement il savait définir les termes qu’il utilise et avoir un lexique commun avec ses confrères, on épargnerait des maux de tête.

À la 11ième minute de l’extrait audio, l’interviewé raconte que le prénom Laurent égale « en or », donc richesse intérieure. Wow! C’est du n’importe quoi. L’éthymologie de « Laurent », c’est :

Laurence masc. proper name, from Old French Lorenz (French Laurent), from Latin Laurentius, literally « of Laurentum, » a maritime town in Latium, literally « town of bay trees, » from laurus (see laurel). The Italian form is Lorenzo. A popular given name in the Middle Ages, as a surname it is attested in England from mid-12c. Larkin is a pet-form. For some reason, the name since at least 18c. has been the personification of indolence (cf. also German der faule Lenz « Lazy Lawrence »). But in Scotland, the pet form Lowrie has been used for « a fox » (c.1500), also for « a crafty person » (1560s).

Est-ce un Festival de la secte? On dirait un épisode de Les Bougons: c’est aussi ça la vie, au « Salon de l’ésotérisme »:

Les Bougons – Saison 1 episode 11 – S01 11

Chose certaine, la spiritualité attire les gens de toute acabits et je respecte leur démarche qui manque parfois de sérieux, faut-il le souligner?

La critique des objets « magiques »

Quand j’entends des gens dire « je vais m’acheter des cristaux en quartz pour émaner de l’énergie de Gaya et des bagues divines qui vont me permettre d’avoir l’impression que je suis un elfe magique et je vais aussi me procurer des fontaines avec une lumière multicolore pour rééquilibrer le CHI. », je suis scié en deux.

Je ne nie pas l’existence des soins de type reiki, tai-chi, des méditations et du yoga comme exercices pour se remettre en forme et éliminer le stress accumulé. Je ne prétends pas non plus que les objets de culte et de rituel qui sont ceux des druides et des mages n’ont pas un certain « effet de persuasion », de sorte à plonger l’individu qui les manipule dans une sorte de transe, comme l’auto-hypnose. Je pense aussi que de nombreux bijoux et objets dits « magiques » sont en fait à usage symbolique, en ce sens qu’ils véhiculent une idéologie et un message occulte. On pourrait aussi dire que certains objets sont des marques d’un certain » pouvoir », comme une couronne ou un glaive ou un masque. Puis, des objets à l’esthétique occulte peuvent faire parti d’une sorte de terrorisme esthétique (en anglais: aesthetic terrorism).

C ‘est assez clair que l’effet placebo a sa place dans tout cela… On peut aussi penser qu’il y a ce qu’on pourrait nommer un effet du à l’intention, au mots du discours, au charisme et à la présence de celui qui soigne. En ce sens, on obtiendrait un « regain d’énergie » (de l’affection! de l’attention!) en côtoyant certains personnes particulièrement chaleureuses. Pour ceux qui ne sauraient pas, le chamanisme a été étudié par des psychiatres: c’est l’hypnose et l’autosuggestion qui a un effet sur la santé, par les gogosses. Aussi, le feng shui est une pratique ancestrale qui mérite une attention particulière non pas sur les objets eux-mêmes, qui n’ont aucun intérêt, mais sur leur disposition optimale dans l’espace. Alors, avant de parler de n’importe quoi, il vaut mieux s’informer!

Les objets hantés

Par ailleurs, il y a aussi des objets nommés « gri-gri » qui eux sont supposés renfermés des « démons ». Il semblerait que des objets dits « magiques » sont en réalité des objets « hantés » comme le sont certaines maisons tel qu’il est convenu dans la culture populaire. Des objets « démoniques » ont été répertoriés par deux chercheurs très sérieux, Ed and Lorraine Warren:

Paranormal State: Lorraine Warren’s House Tour

Paranormal State: Lorraine Warren House Tour Part 2

Le marketing de la magie

Passé ces petites notions bien simple, laissez-moi vous dire qu’il y a un réel potentiel marketing à vendre du « magique ». J’en avais parlé dans mon billet « L’imagination est un moteur économique puissant à l’ère du Nouvel-Âge (New Age) »:

Le fantastique comme fondement de l’identité

Dîtes-vous bien que pour les très nombreux fans de récit fantastique, les personnages et les univers décrits sont, d’une certaine manière, fondateurs de leur personnalité et de leur identité.

Collections et propagande

Des « cartes magiques » et des jeux de société de ce genre attirent les collectionneurs. Ces jeux occultes serviraient de base pour véhiculer des idéologies. À ce sujet, lisez « Lucemon, une carte à jouer étrange pour collectionneurs » et « Turmoil in the Toybox – Phil Phillips, un livre qui fait la critique de la coneption de jouets pour faire la propagande d’idéologies ».

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Le toujours stimulant Facteur Pub a présenté une machine publicitaire qui offre des défis, dans « Jusqu’où iriez-vous ? »:

L’idée est simple: demander à des gens des actions, par le biais d’une distributrice, pour qu’ils accèdent gratuitement votre produit, dans ce cas des chips à base de riz de marque Fantastic Delites.

Je dois être honnête, j’ai illico adoré l’idée, mais après réflexion, de suis dubitatif. Est-ce manquer de respect envers ses clients ou prospects de leur faire performer des trucs absurdes en retour d’un gugusse à 3$? Est-ce exploiter une faille psychologique? Est-ce que le jeu en vaut la chandelle, autant pour la marque à long terme que pour ceux qui bénéficieront des emballages gratuits? Car à part démontrer un certain attachement des clients envers le produits, et donc par association ses bénéfices, cette tactique astucieuse ne fait que tester les limites du raisonnable. Et vous? Jusqu’où iriez-vous?

L’idée rappelle l’intéressante innovation The Fun Theory  de Volkswagon qui testait la réponse favorable à un stimulus positif dans la modification de comportement pro écologie.

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Inebriator est une machine à produire des cocktails alcoolisés sur commande de l’utilisateur qui active un menu sur un clavier:

Most parties we have been to there is a good selection of spirits and mixers, but no one has the inclination to make cocktails. This project is designed to make it as simple as feasibly possible to get perfect cocktails every time without the hassle of looking up ingredients or measuring spirits and mixers.

Grab a glass, fill with ice, select desired drink, and a few seconds later your cocktail is ready, to finish it off give it a little stir.

The Inebriator – Arduino Cocktail Machine – Dispensing Signature Cocktail

The Inebriator – Home made Arduino powered cocktail Machine, dispensing the signature cocktail « The Inebriator »

L’appareil s’inscrit dans une série d’objets de party dont j’ai déjà fait mention sur ce blogue et qui visent les amateurs de soirées arrosées:

Il me semble que cet outil permettrait d’éviter des coûts de manutention dans les bars et discothèques. Quel est votre avis? Le concept est un prototype de toute évidence. Il faudrait raffiner l’architecture de la machine et son système interactif, etc. Le principe par lequel le type de boisson est représenté par une lumière est intéressant puisqu’il facilite la lecture.

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Un ami m’a suggéré de regarder ce concept pour un hôtel:

ibis Sleep Art

Make your sleep a work of art.
Discover Sleep Art in full on http://bit.ly/ibis_SleepArt and you could win a night’s unique experience at ibis.

Vous conviendrez avec moi que le concept de calculer les mouvements d’une personne qui dort et de transformer ce calcul en oeuvre d’art est un tour de force. Cela s’inscrit dans le design émotionnel et le design d’expérience et ça s’inscrit dans la tendance à l’interactivité et l’attrait pour la technologie qui marque notre époque. Cependant, ce concept qui s’adresse à la classe de luxe ne fait pas l’unanimité, voir ce commentaire youtube:

there sure are a lot of wealthy bastards with too much time on their hands to think of things like this

signboyy

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Le merchandising ou marchanisage (l’art de la présentation et de la mise en marché) est un sujet relatif au design. Une étudiante m’a posé des questions à ce sujet. Voici mes réponses. D’abord, le mot de cette étudiante:

Je suis étudiante en master 1 en communication institutionnelle à SUP DE PUB, Paris (une école de commnication)
Cette année je réalise mon mémoire sur le merchandising visuel des enseignes de parfums et de cosmétiques.
 
Et j’ai besoin d’interviewer des professionnels du merchandising afin d’enrichir mon mémoire. Effectuer vous des travaux sur les tendances du merchandising visuel?

Bonjour, ce questionnaire a été réalisé pour mon mémoire de fin d’études. Vos réponses me sont d’un très grand intérêt. Merci.

– Sarah Mroue

Voici mes réponses à ses questions.

Le merchandising visuel : techniques et intérêt

Pouvez-vous me donner une définition du merchandising visuel ?

     
  • La mise en valeur de produits et services par des installations (exemples : affiches, bannières ou stand) dans un objectif de mise en marché (marketing).

Le personnel (dimension sociale de l’atmosphère) fait-il parti des composants du merchandising visuel ?

  • Oui et non, cela dépend de la philosophie de l’entreprise. En général, ce sont des négociations entre le service des ventes et celui du merchandising qui aboutissent à des conclusions en ce sens.
  • Lorsque le personnel est en contact direct avec le client et qu’il interagit avec les consommateurs, son importance est grande, donc on a tendance à créer un look. Au contraire, on ne travaille généralement pas le visuel des employés qui ne sont pas en interaction avec les clients, question de réduire les coûts.
  • Les vêtements des différents départements d’une boutique ne porteront pas le même type d’uniforme. Ces uniformes sont des codes qui facilitent le service à la clientèle. Ils indiquent un message de professionnalisme.
  • Aussi, il est possible de donner comme objectif à une entreprise qu’il n’y ait pas d’uniforme comme tel, mais plutôt un code vestimentaire général. C’est le cas dans les restaurants et bars qui se veulent accessibles et branchés en laissant une part de créativité à leurs employés.
  • Le look peut aussi favoriser l’achat. C’est le cas de la boutique de jouets Benjo à Québec où les employés sont déguisés et présentent les jouets avec amusement de sorte à créer une atmosphère festive qui pique la curiosité des enfants et des parents.
  • Puis, les postures de travail des employés sont à revoir ainsi que l’aménagement des postes de service. Certains consommateurs ne veulent pas être servis par une personne assise ou par une personne derrière une vitrine. C’est une question de bon sens généralement selon la vitesse d’exécution du service et de contraintes relatives à la tâche de l’employé.

A quelle fréquence les enseignes modifient elles leur merchandising visuel? (saisons, nouveaux arrivages etc.)

     
  • Selon mon expérience, les visuels des boutiques changent à toutes les saisons au minimum. Il faut comprendre que certaines boutiques voient leur stock modifier à toutes les deux semaines et ce sont les fournisseurs qui leurs envoient des affiches.
  • Généralement, il existe aussi des enseignes qui ne sont changées que lorsqu’on revoit l’aménagement complet du magasin.
  • Puis, il y a des produits qui viennent dans leur propre stand. Ceux-là sont modifiés rapidement (disons une semaine), dès l’épuisement des stocks.

Pouvez-vous me citer quelques nouvelles tendances du merchandising visuel ? Quelles enseignes appliquent ces nouvelles techniques ?

  • L’interactivité. Comme dans l’ensemble des activités de nature marketing, la tendance en vogue est l’interactivité. Donc, il s’agit de faire interagir les consommateurs avec des objets animés, des écrans tactiles, des appareils  électroniques, etc.
  • L’authenticité. Le fait d’utiliser un flacon de parfum à tester représente un évènement authentique dans la journée du consommateur. Ce genre d’évènements authentiques est en demande.
  • L’expérience totale. C’est l’idée d’impliquer le consommateur dans un parcours visuel allant de l’entrée du magasin à sortie et plus tard encore de sorte à imprégner une image forte dans son esprit. Cette expérience se poursuit à la maison lorsque le consommateur se rappelle de son expérience en entrant en contact avec l’emballage, la facture, le site Web, etc.
  • La distribution automatique. Depuis quelques temps, on sent monter un intérêt pour l’utilisation de distributrices automatiques. On place le produit dans une de ces distributrices et le consommateur exécute lui-même l’achat.
  • Le recours à Internet. Certains entreprises ont aussi recours à des postes informatiques afin d’inciter les consommateurs à faire des achats en ligne, question d’initier ce genre de pratique auprès de la population.

Dans quel but les enseignes font elles appel au merchandising visuel ?

  • C’est une question de cohérence. L’incohérence dérange. La cohérence apaise et rassure. Elle donne donc envie d’acheter.
  • Puis, les consommateurs réagissent inconsciemment à certaines géométries de l’espace, certaines couleurs, formes, etc. Ces signaux les incitent à accomplir des actions, dont l’une d’elle est l’achat.

Quels types d’études sont faites auprès des consommateurs ? (exemple : eye tracking etc.). On dit que « les merchandisers empruntent les yeux des consommateurs. »

  • En général, on demande à un groupe test de donner ses impressions de manière structurée, voire scientifique.
  • On peut filmer un client et observer ses gestes.
  • On peut aussi utiliser des logiciels qui calculent les actions.
  • D’une manière très poussée, on peut réaliser des tests (neuromarketing) évaluant les zones du cerveau touchées par certains éléments visuels.
  • Il existe des études scientifiques sur l’impact des éléments visuels. Par exemple, on sait bien que la couleur rouge est vendeuse puisqu’elle affecte le rythme cardiaque.
  • Puis, il existe des principes fondamentaux étudiés par les spécialistes de la géométrie, de la psychologie, de l’ethnologie et de l’anthropologie.

Que pouvons nous dire du merchandising visuel à l’ère du numérique ? Quels conseils donneriez-vous ?

  • D’abord, il faut une présence en ligne efficace, ce qui nécessite une équipe professionnelle !
  • Pour la boutique, il suffit d’intégrer les internautes dans le magasin. Ce peut être par l’intégration d’un écran affichant les « tweets » ou d’une interface permettant le clavardage entre employés et internautes ou internautes et consommateurs. Ce peut-être aussi par l’intégration d’une Webcam diffusant des images de la boutique lors d’évènements spéciaux. Enfin, il ne faut pas sous-estimer l’impact des technologies interactives. Les projections 3D, ambiances musicales et ambiances lumineuses interactives ont un impact significatif sur l’expérience vécue par le consommateur en boutique. Il ne faut pas oublier d’intégrer des outils comme Foursquare qui augmentent l’achalandage.
  • Pour les autres, il ne faut pas oublier d’être tangible dans le monde réel autant que virtuel. Les consommateurs apprécient de toucher, voir, parler en face-à-face avec un être humain, dans un monde réel.
  • Enfin, il est utile d’intégrer l’adresse de son site à ses outils promotionnels (un point important que certains oublient malheureusement).

Les pratiques du merchandising visuel sur le web sont-elles différentes du merchandising visuel dans une enseigne ?

  • Bien entendu : oui.
  • Le Web est régi par des normes et standards correspondant à la navigation Internet : ergonomie, référencement Web, etc. Le Web est intangible, mais ce sont les choses tangibles que les consommateurs achètent en général. Certains sites ont intérêt à ressembler au monde réel, d’où l’intérêt des boutons 3D, textures réalistes, vidéos et photographies. Sur le Web, c’est plus proche d’une enquête dans une encyclopédie.
  • L’enseigne est structurée selon des normes que je dirais « ethnologiques » en ce sens que la consommation en boutique est un acte de socialisation. Donc, on a intérêt à inclure des bancs, comptoirs de service chaleureux, espaces de détente et de divertissement, « bac à trouvailles », etc. Dans une boutique, c’est plus proche de la chasse au trésor.

Le fun shopping : consommer autrement

Aujourd’hui on parle de fun shopping ? Qu’est-ce que cette tendance a apporté aux enseignes ?

  • Les consommateurs achètent pour se faire plaisir et cela depuis longtemps. On ne fait que remettre à jour les pratiques des galeries d’art, boutiques de poterie et d’artisanat en les appliquant ailleurs. Maintenant, on comprend l’impact du design sur le roulement des consommateurs en magasin : ils cheminent d’un intérêt à un autre et s’arrêtent aux endroits les plus stimulants positivement.
  • Donc, il y a plus d’éléments stimulants positivement : odeurs, musiques, couleurs, géométries circulaires ou ovales, textures recherchées, zones de divertissement à même la boutique, espace de dégustation, etc.

Pouvez-vous me commenter cette phrase ? « La mise en scène contribue au ré enchantement de la consommation »- Hetzel (2002)

  • Je suis d’accord. Les objets produits en série n’ont plus de valeur comme tel, ce sont leur impact dans la mémoire des consommateurs qui compte. La mise en scène des objets permet de les imbriquer de manière positive dans l’imaginaire des consommateurs afin qu’ils leurs donnent du sens.

Comment accélérer les ventes ?

Comment éviter les coins morts dans un point de vente ?

  • L’habillage des coins morts, c’est plutôt inefficace. C’est l’ensemble de la géométrie d’un local qu’il faut revoir pour qu’il n’y ait pas de coins morts. Pour cela, il faut penser à un aménagement Feng shui qui maximise la circulation des personnes dans la boutique. La clé de tout cela, c’est d’imiter l’aménagement des casinos: facile d’y entrer et d’aller payer, pas facile d’en sortir sans acheter.
  • Dans un coin mort impossible à modifier, on indique de manière claire le chemin à suivre pour retrouver les coins payants avec des affiches par exemples qui donnent un plan de la boutique si elle est très grande. On  transforme ce coin en coin de divertissement en ajoutant des produits interactifs. On y place un préposé du service à la clientèle pour dégustation/test de produits ou encore une boîte à suggestion.

Pourquoi dit-on que l’étalage en carré est le plus vendeur ?

  • Cela oblige le consommateur à faire le tour de la boutique sur ces quatre murs en le confrontant avec des produits plus ou moins mis en valeur aux coins par exemple.
  • Je ne crois pas que le carré soit la meilleure forme. Je prétends que c’est la forme octogonale qui est préférable, mais elle n’est pas simple à utiliser puisque la majorité des locaux sont rectangulaires ! Cependant, observez l’interaction des consommateurs autour d’une table de démonstration octogonale et vous verrez qu’il s’agit d’une forme à considérer.

Les PLV et les miroirs sont ils un véritable accélérateur de vente ?

  • Cela dépend des types de lieux de vente. Dans une banque, c’est nul. Dans une boutique de vente de vêtement, c’est un must. En général, les surfaces miroirs donnent le sentiment de faire parti du décor, ce qui a un effet inconscient. On se sent ainsi inclut dans l’espace, mais cela a aussi un effet dévastateur si on a une mauvaise estime de soi ! Je crois que la lumière accélère davantage les ventes.

Quel est selon vous un merchandising visuel qui vend ?

  • Il faut de la cohérence autour d’un message marketing à la fois stimulant et extrêmement clair.
  • Exemple : si le message est « Boulanger : pain baguette », tout le décor doit signifier cela. On y verra du pain, des couleurs relatives au pain, des images rappelant le plaisir de déguster du vin, du fromage et du pain. Il y aura une table de dégustation de pain baguette. On verra un gros four à pain chaud et qui sent bon. On sentira l’odeur du pain. On aura l’impression de parler à un véritable boulanger, habillé comme tel. Et pour signifier « pain baguette », on aura l’occasion de voir des œuvres artistiques évoquant le pain baguette, le blé et la farine.

Pouvez-vous me donner quelques chiffres qui illustrent cette efficacité ?

  • Je vous réfère à Neurosciencemarketing.com, un site qui fait la démonstration de l’efficacité des pratiques de design sur les ventes de manière scientifique.

Découvrir le monde du design, c’est aussi découvrir le design des espaces. La décoration intérieure est une spécialité du design dont l’objectif est la conception des lieux. Voici des sites que je recommande pour découvrir les tendances en décoration.

Décoration

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